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Pouvoir des mots – Épreuve unique d’écriture de français du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur

Pouvoir des mots – Épreuve unique d’écriture de français du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur

L’épreuve unique d’écriture de français, langue d’enseignement, de 5e secondaire est administrée chaque année à pres de 60 000 élèves du Québec. En mai 2016, dans le contexte de cette épreuve, les élèves ont rédigé une lettre ouverte dans laquelle elles et ils répondaient à la question suivante: «Les grands événements sportifs contribuent-ils à améliorer le monde dans lequel nous vivons?»

Cette lettre ouverte était destinée au lectorat de la section Pouvoir des mots du site Web du Ministère, qui a pour but de mettre en valeur des textes de qualité produits par des élèves de 5e secondaire. Les textes diffusés dans cette section réflètent les idées des jeunes Québecois sur le sujet traité dans l’épreuve unique. Ils ont été sélectionnés par les membres d’un jury soucieux de promouvoir la langue française en tant qu’outil de pensée, d’identité et de liberté.

Parrni les textes retenus figure celui de Boa Linh Pham, qui a fréquenté le collège Saint-Louis durant l’année scolaire 2015-2016. Voici son texte, que vous pouvez également retrouver sur le site ministériel à la section Pouvoir des mots. Tous les textes retenus lors de cette épreuve l’an passé figurent dans cette section, et vous pouvez les consulter en cliquant sur les onglets à gauche.

 


Olé, olé olé olé!
par Boa Linh Pham, 
Collège Saint-Louis – Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys

Cet été, nous attendrons avec impatience deux événements différents : les élections présidentielles américaines et, bien sûr, les Jeux olympiques à Rio de Janeiro. Nous ne pouvons pas nier la popularité du sport à travers le monde. De grands athlètes venant de partout présenteront le fruit de quatre années d’efforts, sinon plus, dans l’espoir d’honorer leurs pays. Cependant, plusieurs organisateurs semblent utiliser ces jeux pour nourrir d’autres desseins, ce qui pousse certains individus à se demander si ces compétitions apportent réellement des bienfaits à notre société. Je suis convaincue que les manifestations sportives demeurent plus exemplaires qu’on ne le pense.

Rappelons-nous de la fierté nationale et des festivités qui sont associées à ces sources d’inspiration. Prenons comme exemple les Canadiens de Montréal. Lorsqu’ils ont remporté partie après partie au début de la saison, des milliers de Montréalais se sont réjouis, que ce soit dans les rues, dans les restaurants ou chez eux. Leurs victoires unifient une nation, car, comme le souligne Stéphane Laporte, elles donnent une raison aux inconnus de se sourire et de partager un sentiment incroyable de solidarité. D’ailleurs, cet exemple n’implique qu’une ville pour un championnat qui englobe seulement deux pays; imaginez donc l’ampleur émouvante de la fierté et de l’euphorie vécues au sein d’un pays pour un rassemblement sportif international tel que les Jeux olympiques! C’est fou! Il est hors de doute que les cris de joie lancés par des millions de Canadiens lorsque Crosby a marqué le point final lors des Jeux à Vancouver n’ont pas de prix. Non seulement ces compétions rassemblent des étrangers et suscitent un enthousiasme immédiat chez eux, elles inspirent également les prochaines générations à poursuivre leurs rêves et contribuent à baisser les barrières entre les races et les sexes. Revenons aux Canadiens de Montréal. Je trouve intéressant le propos de Stéphane Laporte qui affirme que plusieurs enfants blancs admirent P.K. Subban. Il s’agit seulement d’un exemple parmi tant d’autres qui, ensemble, constituent un pas important vers un monde moderne plus tolérant où les Noirs peuvent être perçus comme des héros. Les performances des athlètes professionnels suscitent beaucoup de respect au sein de leurs propres pays, mais aussi au sein des autres pays.

Voyons maintenant comment la popularité du sport participe à l’amélioration du monde social et politique. En effet, puisque ces événements touchent un si large public, ils peuvent l’informer sur des injustices qui passeraient presque inaperçues. Le meilleur exemple reste sans doute la chute de l’apartheid. Savez-vous qu’à ce sujet le CIO a devancé l’ONU? Eh oui, en boycottant l’Afrique du Sud en 1963 et en 1967, le CIO a aidé à lancer le débat sur le régime révoltant qui interdisait entre autres aux Noirs de participer aux Jeux olympiques. Il s’agit donc d’un moyen très efficace pour transmettre des messages afin de combattre les inégalités. De plus, à l’époque où les relations entre l’Allemagne et les États-Unis étaient un peu tendues, cela n’a pas empêché deux de leurs athlètes, Luz Long et Jesse Owens, de tisser des liens d’amitié à Berlin. J’estime qu’il est sage de renforcer et de concrétiser l’esprit de fraternité par des images comme celle-là. Toujours dans le domaine politique, les performances des athlètes permettent de défendre la réputation de leurs pays sans avoir besoin de recourir aux armes. Le respect accordé à un pays se fait ainsi plus pacifiquement et dans un cadre plus régulé, un point c’est tout. En somme, l’image d’un pays dépend grandement de ces compétitions, donc pourquoi ne pas en tirer avantage?

Tout compte fait, les grands rassemblements sportifs apportent plus de bénéfices que d’inconvénients. Je suis consciente que certains pays doivent payer cher pour organiser ces événements, mais le prix à payer ne fait pas le poids face à une tradition de solidarité qui a toujours triomphé. N’avez‑vous pas hâte d’encourager votre pays lors des prochains Jeux olympiques?